Alleluia
A la lune montante on les entend qui raclent
Jusque dedans nos gorges à peine déployées
Et comme ce goût amer de nos vies que l'on bâcle
Fragmenter nos efforts et mieux tout balayer
Disséquer le bonheur, le scalpel a tranché
Il n'y a à l'intérieur qu'un peu de sang séché
Et nous irons danser sur des lames de rasoirs
Nous boirons des saisons à plus savoir qu'en foutre et
Trop fatigués, nous viendrons nous rasseoir
Arroser nos désirs d'un léger goût de foutre…
Allelujah… nous pourrions nous refaire…
Allelujah… ou faire machine arrière…
Des bruits sourds, à perforer nos tempes
Des angoisses glaciales à peindre sur les murs
Glissé dans le silence notre cśur a des crampes
Cendrillon s'est fait mettre à l'arrière d'une voiture
Je volerais bien avec toi jusqu'au dessus des plaines
A chercher une falaise sur laquelle s'écraser
Aller un peu plus loin pour que nos vies soient pleines
Aller un peu plus près pour pouvoir t'embrasser
Allelujah… nous pourrions nous refaire…
Allelujah… ou faire machine arrière…
Donne moi
Rappelle-moi d'où je viens je me perds dans le flot,
Attiré par ce qui brille, mon crâne part en vrille,
Rappelle-moi d'où je viens, je veux brûler ma peau
contre tout ce qui brille, contre tout ce qui vrille
Donne-moi, Donne-moi, Donne-moi, je t'en prie Donne-moi,
L'autoroute directe qui mènera aux étoiles,
L'Atlantide cachée tout au fond de mes râles,
Le temps ne couvre rien, il en creuse un peu plus
Et chaque jour qui passe m'asphyxie un peu plus,
Donne-moi, Donne-moi, Donne-moi, je t'en prie Donne-moi,
Cet appel sensible qui coule dans mes veines,
Donne-moi ton corps, que je le trahisse et me souvienne
De tes yeux, incapables de dire non,
De ce jeu auquel nous nous livrons,
Je ne suis pas un homme, tout au plus un rêve,
Celui qui n'existe que pour t'offrir une trêve,
Ton âme fatiguée viendra mourir en moi,
s'accrochant à mon corps, s'épuisant sous son poids,
Donne-moi, Donne-moi, Donne-moi, je t'en prie Donne-moi,
Trop se vouloir c'est se perdre sûrement,
On risque de voir s'enrayer nos élans,
Allant même jusqu'à se haïr un peu,
Allant même jusqu'à fermer les yeux sur
La vie qui part lentement de nos pores,
s'évapore, s'évertue à refuser son sort,
Humain, haut les mains,
Haut les coeurs à vouloir des lendemains,
Donne-moi, Donne-moi, Donne-moi, je t'en prie Donne-moi...
Retiens toi
À l'onde frémissante, on reconnaît le bruit
Des Amours naissantes enfantées dans un cri,
Qui a cru qu'à jamais on aurait pu se taire
Ou bien en rire encore à s'en rouler par terre,
Aller…
Retiens-moi dans ce monde,
Retiens-toi une seconde…
Je vois dedans la roche d'infinies solutions,
Du souffre se décrochent le doute et le frisson,
Nous aurons des emblèmes aux couleurs de l'extase
Et la nuit ruisselante apaisera les foules,
Aller…
Retiens-moi dans ce monde,
Retiens-toi une seconde…
Aux saints on laissera les échafauds brûlants,
Pour se brûler encor, on plongera dedans,
Dans de cruelles danses, on cherche le partage,
Ce que la nuit nous prends, je te l'offre en retour,
Aller…
Retiens-moi dans ce monde,
France
Elle danse bien la France, elle savoure sa victoire
En transe, sous le même étendard et
Passer sous silence les prémices de la flamme
Qui consument Vitrolles ou Marignane,
Elle se réveille enfin, un peu abasourdie :
Le mariage de l'odeur et du bruit et elle court…
Elle danse bien la France, se remet des déboires et
Repense les trajets de l'histoire,
Elle cherche des réponses, elle se rassure un peu :
Les ronces brûlent par le feu,
Elle remet son salut dans des mains bien salies,
Elle l'a vu : fausses factures à l'appui et elle court…
Elle dansera la France quand il sera trop tard,
Quand le bal deviendra un cauchemar
Où la seule musique digne de lui plaire
Sonnera comme une marche militaire
Elle pleurera la France de ne pas avoir à temps
Pris conscience, mais en attendant elle court…